Fiche technique:


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LES ARMES

 
INDEX GENERAL

 
LEXIQUE


(Si un terme vous pose problème, l'index général et le lexique sont à votre disposition)



La mitrailleuse de 8 mm Hotchkiss modèle 1914



Mitrailleuse Hotchkiss mle 1914 sur affût trépied Hotchkiss mle 1916:


Mitrailleuse Hotchkiss mle 1914 nue en finition bronzée:

Mitrailleuse Hotchkiss mle 1914 nue en finition phosphatée:


I) Renseignements numériques:

Longueur de l'arme:
1320 mm
Longueur du canon:
795 mm
Longueur de la ligne de mire:
670 mm
Hauteur de l'arme, affût en positon haute:
 680 mm
Hauteur de l'arme, affût en position basse:
350 mm
Poids à vide (sans affût):
 23 kg
Poids chargé sur affût trépied:
47,500 kg
Contenance des bandes rigides:
 24 cartouches
Contenance des bandes articulées:
 251 cartouches
Calibre:
 8 mm
Munition:
8 x 50R dite 8mm Lebel
Cartouches utilisées:
mle 1886 D (balle de 12,8 g à bout pointu en laiton, charge de 3 g de poudre BN3FD)

 mle 1886 D à balle traçante T (balle de 11,2 g en laiton et composition tracante, charge de 3 g de poudre BFP1)

mle 1886 D à balle perforante P (balle de 9,6 g en laiton et noyau d'acier, charge de 3,2 g de poudre BFP1)

mle 1886 D à balle fraisée (balle de 12,3 g en laiton, charge de 3,2 g de poudre BFP1)

mle 1905 à blanc (balle en bois, charge de 1,3 g de poudre EF)

mle 1932 N (balle à bout pointu en plomb chemisé de cupro-nickel,charge de 3 g de poudre BPa 0,3)
Rayures:
4 à gauche au pas de 240 mm
Vitesse initiale (Vo):
 700 m/s (avec cartouche mle 1886 D à balle ordinaire)

750 m/s (avec cartouche mle 1886 D à balle traçante T)

840 m/s (avec cartouche mle 1886 D à balle traçante P)
Energie initiale (Eo):
 306 kgm
Cadence de tir:
450 à 600 coups/min
Vitesse pratique de tir:
150 coups/min
Portée pratique (hausse de combat):
 1200 m (avec balle mle 1932 N)
Portée utile:
3500 m (avec balle mle 1932 N)
Portée maxi:
5500 m (avec balle mle 1932 N)
Pénétration:
/
Perforation:
/

II) Caractéristiques générales:

Classification:
arme collective lourde sur affût, automatique à tir en rafale uniquement
Subdivision:
mitrailleuse
Utilisation:
combat aux distances moyennes à longues
Canon:
rayé, chambre pour étui tronconnique à bourrelet
Système moteur:
action indirecte de la veine gazeuse, emprunt de gaz en un point du canon
Système de fermeture:
culasse calée à verrou fixe
Alimentation:
par lame-chargeur, indépendante de l'arme, mobile pendant le tir, introduction directe
Système de détente:
par détente-gâchette
Système de percussion:
percussion rectiligne, percuteur solidaire de la masse percutante, armé culasse ouverte
Extraction:
extracteur à action forcé, poussé par un ressort
Ejection:
éjecteur projetant, oscillant, porté par la boîte de culasse
Sécurités:
course de garde au verrouillage
Sûretés:
/
Appareils de pointage:
hausse à cran de mire et curseur sur rampe (200 m à 2000 m), guidon sur embase (mitrailleuse du 1° type)

hausse à cran de mire et curseur circulaire (200 m à 2400 m), guidon sur embase (mitrailleuse du 2° type)
Accessoires à la puissance de feu:
arrêt du tir culasse ouverte, cache-flamme
Marquages:
sur la face gauche de la carcasse (modèle et calibre)

sur la face droite de la carcasse (matricule)
Finition:
phosphatée
Fabricants:
Firme HOTCHKISS-BRANDT à Saint-Denis et Lyon

SACM (Société Alsacienne de Construction Mécanique) à CHOLET (canons pour cartouches à balle 1932N)
Exemplaires fabriqués:
45 850 de 1914 à 1918
Période d'utilisation:
de 1914 à 1965 environ
Versions et dérivés:
Mitrailleuse Hotchkiss anti-ballons
Classification:
1° catégorie

III) Historique:

La guerre de 1870-71 vit la première utilisation des "mitrailleuses" au sein de l'armée française. Ces premières armes (canons-mitrailleurs Montigny ou canon à balles de Reffye) tiraient en salves ou en rafales limitées des projectiles de gros calibres qui les faisaient s'apparenter à des pièces d'artillerie. Leurs poids important fit qu'elles devaient être placées sur affût classique d'artillerie et les munitions placées en caisson. Logiquement elles furent utilisé en tant que pièces d'artillerie, groupées en batterie et elles tiraient par salves avec d'autres pièces à grandes distances. Le manque de connaissances sur les quelques succès rencontrées par ces armes fit qu'après le conflit le commandement les placa en réserve de corps d'armée à titre provisoire.
Il fallut attendre près de 20 ans pour que des études reprennent sur ce type d'arme. La firme privée Hotchkiss racheta au capitaine austro-hongrois Von Odkolek un brevet concernant une arme automatique. A partir d'une partie de ce brevet, portant en particulier sur le dispositif de fonctionnement interne, les ingénieurs de Hotchkiss construisirent  un premier prototype qui fut amélioré par la suite. Des ventes eurent lieu à différents pays dont le Japon qui utilisa une mitrailleuse Hotchkiss lors du conflit avec la Russie de 1905. Le bon comportement de cette arme fut une bonne publicité pour la firme qui put perfectionner son dernier modèle et la proposer à l'adoption par l'armée française. Elle fut approuvée et l'arme fut adoptée pour essais en corps de troupe sous l'appellation de mitrailleuse Hotchkiss modèle 1900, elle comportait alors une crosse et une sûreté. Ces dispositifs furent supprimés sur le modèle suivant qui devint la mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914. A l'entrée en guerre en 1914 il y avait environ 200 mitrailleuses Hotchkiss modèle 1900 qui furent utilisées jusqu'au bout. La cadence de production du modèle 14 fit qu'il eclipsa la mitrailleuse St-Etienne 1907 des premières lignes et qu'à la fin de la guerre il ne resta pratiquement que la Hotchkiss 14 en service.
La Hotchkiss 14 subira quelques modifications dans sa longue carrière dont le plus marquant est le remplacement de la hausse classique à curseur sur rampe "rectiligne" par une hausse à réglage circulaire. En février 1916 le couloir d'alimentation est modifié pour accepter les bandes articulées, il reçoit donc un M afin de l'identifier. En avril 1916 le couvre culasse en bronze, dernier vestige de la Hotchkiss 1900, est remplacé par un simplifié en acier. Dans le même temps  l'extrémité du canon est filetée pour pouvoir y monter un cache-flamme. En juin 1916 le cran de mire et le guidon sont élargis, et enfin en octobre de la même année ils sont tous deux munis de pastilles luminescentes pour le tir de nuit. En 1932 le canon est modifié pour chambrer la cartouche modèle 1932 N. A cette occasion de nombreuses armes seront phosphatée et les affûts peints en kaki, à l'instar de l'exemplaire de cette fiche.
A la fin du premier conflit mondial le stock d'armes en calibre 8 mm est considérable et malgré l'obsolescence manifeste de la munition il n'est pas envisager dans l'immédiat de moderniser notre armement. Néanmoins la forme particulière de la munition de 8x50R ayant montré ses limites lors de l'utilisation dans le tir automatique, en particulier dans le FM CSRG 1915 Chauchat, il est alors lancé l'étude d'une nouvelle cartouche. Au début des années 20 la cartouche de 7,5x58 est adoptée, ce sera la 7,5 mm mle 1924C. Dans le même temps il est décidé la réalisation d'un fusil-mitrailleur visant à remplacer à court terme le désastreux Chauchat, ce sera le 24-29 qui, conjointement avec le stock énorme de mitrailleuses Hotchkiss 14, équipera l'ensemble de nos troupes à l'entrée en guerre en 1939.
Arme solide et  fiable, la Hotchkiss 14 sera de tout les combats de la deuxième guerre mondiale puis, dans une moindre mesure, en Indochine et en Algérie. Son remplacant est l'AA-52 qui utilise la munition et certains des accessoires du 24-29. Après avoir équipé nos armées et de nombreux pays étrangers, la Hotchkiss 14 a quitté le service actif pour finir au pilon ou au musée.

Nota: la suite de l'étude traitera d'abord de la mitrailleuse seule (partie IV à VI) puis des affûts (partie VII et suivantes).

IV) Fonctionnement et constitution:

La Hotchkiss 14 comprend 3 parties principales, la carcasse, le canon et l'ensemble mobile:



La carcasse est en acier usiné, le canon vient s'y fixer. Elle comprend les tourillons permettant le montage de l'arme sur l'affût, la hausse, le système d'alimentation, le système de détente et la poignée arrière de pointage:






carcasse nue vue droite:
carcasse nue vue gauche:
nota: la boîte de culasse est fabriquée à partir d'un seul lingot d'acier, tout est usiné dans la masse...

Le couloir d'alimentation est situé sur le côté gauche de la boîte de culasse:





vue de la fenêtre d'éjection où on distingue une partie de l'ensemble mobile, le ressort visible est celui de l'extracteur. En dessous apparait l'orifice de sortie de la bande vide:
vue du déflecteur d'étui:




vue du logement du couloir d'alimentation dans la boîte de culasse, vue droite:
vue du logement du couloir d'alimentation dans la boîte de culasse, vue gauche:



couloir d'alimentation vue de dessus, gros plan du taquet supérieur
 de l'arrêtoir et du pignon d'entrainement de la bande:


couloir d'alimentation vue de l'arrière droit, gros plan du rochet d'entrainement de la bande:
(on voit bien les ergots qui, entrainés par les cames du piston, font tourner l'ensemble du dispositif d'entrainement de la bande)


couloir d'alimentation, vue de dessous, gros plan du bec inférieur de l'arrêtoir et du pignon d'entrainement de la bande:
cran de l'arrêtoir de culasse sur le piston:


levier de débrayage du cliquet:
(agir sur ce levier permet de débrayer le cliquet et d'extraire une bande incomplète pour régler un incident de tir par exemple)
synthèse simplifié du fonctionnement:
1) Le tireur introduit une bande pleine dans le couloir d'alimentation,
-le taquet supérieur de l'arrêtoir de bande descend, son bras inférieur s'escamote,
2) Le tireur amène l'ensemble mobile à l'arrière en actionnant le levier d'armement,
-les cames du piston font tourner le rochet d'entrainement de la bande, celle-ci se déplace d'un cran vers la droite, amenant une cartouche face à la chambre,
-le cran d'armé de la culasse se met en prise sur la détente-gâchette,
-le ressort récupérateur est comprimé,
3) Lorsque le tireur appuie sur la détente l'ensemble mobile part vers l'avant propulsé par le ressort récupérateur, la culasse chambre la cartouche en présentation, en fin de mouvement avant le percuteur fait saillie, il y a percussion;
4) L'ensemble mobile recule,
-l'étui est extrait puis ejecté,
-les cames du piston font tourner le rochet d'entrainement de la bande, celle-ci se déplace d'un cran vers la droite, amenant une nouvelle cartouche face à la chambre,
-le tir continue tant que le tireur a le doigt appuyé sur la détente,
-lorsque la bande est vide elle est automatiquement éjectée, le taquet supérieur de l'arrêtoir de bande remonte, son bras inférieur vient faire saillie dans la boîte de culasse,
-le cran de l'arrêtoir de culasse sur le piston dépasse l'arrêtoir de bande puis vient s'y accrocher lors du retour en avant de l'ensemble mobile, l'ensemble mobile est dorénavent à l'arrière. Le tireur a toujours la détente enfoncée.
5) Le chargeur introduit une nouvelle bande,
-le taquet supérieur de l'arrêtoir de bande descend, son bras inférieur s'escamote, libérant l'ensemble mobile qui part vers l'avant,
si entre temps le tireur a relaché son action sur la détente l'ensemble mobile s'accroche sur la détente et le tir s'arrêtte, s'il a maintenu son action sur la détente l'ensemble mobile ne s'accroche pas et le tir reprend.

schéma de fonctionnement de l'arrêtoir:
la bande vient de se terminer, l'arrêtoir est remonté, son bras inférieur fait saillie dans la boîte de culasse et arrête le piston.

L'arme peut utiliser indifféremment des bandes rigides ou articulées:



bande rigide de 24 cartouches garnie:
bande articulée de 251 cartouches garnie (détail):


bande rigide de 24 cartouches nue:
bande articulée de 251 cartouches nue (détail):

bande rigide de 24 cartouches, schéma légendé:

bande articulée de 251 cartouches, schéma légendé:


bande rigide en place:
bande articulée en place:



tirette d'introduction d'une bande articulée:

Les différentes bandes sont contenues dans des caisse en bois:



variante de couvercle:

caisse en bois contenant 12 bandes rigides soit 288 cartouches:
nota: cette caisse ne comportait pas de dispositif de fixation sur l'arme, elle était simplement posée à côté, le couvercle ouvert, comme on peut le voir en haut sur la toute première photo de la fiche.
vue des casiers avec la manière réglementaire de disposer les bandes:





caisse en bois contenant 1 bande articulée soit 251 cartouches:
(afin de faciliter son chargement la caisse comporte une manivelle dont la poignée est repliable, on la distingue sur la gauche)

Vue du positionnement de la bande à l'intérieur de la caisse. La bande comporte 83 élément à 3 cartouche, le dernier n'en comporte que 2 de façon à pouvoir se placer correctement sur l'une des faces du triangle central


Vue de la manivelle. Celle ci comporte un cliquet qu'il faut engager sur la roue dentée pour l'enroulement de la bande garnie dans la boîte. Cet enroulement se fait en manoeuvrant la manivelle dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Lors du tir il est nécessaire de dégager le cliquet afin de libérer la bande qui se déroule d'elle-même entrainée par le mécanisme d'alimentation de l'arme:
Vue de l'intérieur de la boîte avec l'axe central d'enroulement de la bande. Il comporte un ergot venant en prise avec le bout de la bande.





couvercle ouvert, la bande est en position de transport:
couvercle ouvert, une partie de la bande est extraite de son logement:


vue du support de caisse pour bande articulée:
Ce support est uniquement destiné pour le tir à terre et ne doit pas être utilisée avec la rallonge de tir AA. Il se place sur le côté gauche de l'arme.
support de caisse en place sur l'arme:




caisse pour bande articulée utilisée sans support de caisse:
caisse pour bande articulée utilisée avec support de caisse:

Le levier d'armement est situé sur le côté gauche de la boîte de culasse, il n'est pas lié à l'ensemble mobile et ne se déplace donc pas pendant le tir. Il n'a pas de ressort particulier et il est donc nécessaire de le ramener à l'avant manuellement après l'armé de l'ensemble mobile.



levier d'armement à l'avant:



levier d'armement à l'arrière:
NB: lorsque le levier d'armement est tiré à fond en arrière  un cran situé à sa partie avant agit sur le levier du cliquet ce qui permet de débrayer celui-ci et d'extraire une bande incomplète pour régler un incident de tir par exemple.


ensemble mobile à l'avant:
ensemble mobile à l'arrière:

Les organes de visée sont constitués du guidon monté sur embase et d'un cran de mire monté sur une planche de hausse. Le réglage s'opère soit grâce à un curseur sur rampe classique gradué en centaines de mètres (2 à 20 donc de 200 à 2000 m) sur les armes du 1° type ou par un curseur circulaire gradué de 2 à 24 (donc de 200 à 2400 m) sur les armes du 2° type. Ils sont complétés lors d'un tir anti-aérien d'un dispositif amovible venant se fixer sur le côté droit de l'arme.


guidon:


hausse des armes du 1° type:
hausse des armes du 2° type (ici reglée sur 400 m):
 
 

  principe de fonctionnement de la hausse des armes du 2° type
(ici reglée sur 1150 m):

La boîte de culasse comporte à sa partie inférieure une chape et  à sa partie supérieure deux tourillons permettant de relier l'arme à son affût:



chape inférieure équipée de la broche d'attache:
chape reliée à la vis de pointage en hauteur:



tourillons de la carcasse vue de dessus:
arme en place sur l'affût, les tourillons sont bloqués par les sus-bandes  (pièces coulissantes en L):

La boîte de culasse comporte à sa partie arrière une poignée permettant le pointage en direction:



La boîte de culasse comporte à sa partie inférieure la poignée pistolet renfermant le système de détente-gâchette:




Le canon est fixé sur la boîte de culasse, il comprend la frette d'emprunt des gaz à sa partie inférieure et il se termine par un filetage pouvant accueillir un cache-flamme ou un bouchon de tir à blanc:





frette des gaz située sous le canon
(elle comporte un trou d'évent qui permet à une partie des gaz
de déverouiller l'ensemble mobile via le cylindre à gaz)



radiateur (ailettes de refroidissement):
NB: en dessous à droite se trouve le cylindre à gaz
(dans lequel coulisse le piston):
régulateur des gaz:
 
régulateur des gaz gradué de 0 à 4:
nota: le bouton moleté sert à reguler le débit de gaz en fonction de l'encrassement de l'arme,
la position 3 étant la position normale de fonctionnement sous un climat tempéré:


vue du filetage du canon:


vue du cache-flamme du 1° type:
(appellé également dispositif anti-lueurs)
vue du cache-flamme du 2° type:


Le côté avant droit de la boîte de culasse comporte un levier qui sert pour la dépose du canon, cette dépose est possible au niveau utilisateur mais ne doit être effectuée qu'exceptionnellement (voir le démontage pour les différentes vues):



L'ensemble mobile est constitué de la culasse et du piston. 
 


La culasse est liée au piston par un axe et un verrou, elle comprend également le percuteur et logement de l'extracteur sur sa droite:





ensemble mobile en position de tir
(culasse mobile "vérouillée". Dans cette position le départ du coup a lieu dès le verouillage)



culasse déverouillée:
(le départ du coup a eu lieu, le projectile a dépassé
le trou d'évent, une partie des gaz s'y est engouffré
venant frapper la tête du piston, celui-ci
a reculé, occasionnant le retrait du percuteur et la bascule du verrou vers le haut provoquant le déverouillage, l'ensemble mobile peut dès lors reculer).


cuvette de tir vue de l'avant gauche,
à gauche l'extracteur, à droite le logement de l'éjecteur:
(nota: le canal du percuteur est soudé, l'arme étant neutralisée)
éjecteur vu par la fenêtre d'éjection, culasse à l'arrière:




éjecteur en place:
vue de l'éjecteur en partie extrait de la boîte de culasse:

vue du percuteur:
(nota: le percuteur est meulé, l'arme étant neutralisée)

Le piston est en une seule pièce, il coulisse dans la boîte de culasse et le cylindre à gaz, il comporte à sa partie inférieure le logement de l'ensemble récupérateur et à sa partie supérieure le logement du percuteur:

 
 


vue des deux cames agissant sur le rochet du couloir d'alimentation:

gros plan du logement du ressort récupérateur vue de droite:

vue du logement du talon du percuteur:
(ce dernier est au dessus engagé dans son canal dans la culasse)

L'ensemble récupérateur est en deux pièce et comprend le ressort proprement dit et la tige guide, faisant elle-même partie du couvre-culasse:

 
ressort récupérateur seul:

vue de la tige guide, en partie inférieure de l'ensemble couvre-culasse-poignée arrière:

Le côté gauche de la carcasse comporte le marquage du fabricant et l'indication du calibre:

 


Le côté droit de la carcasse comporte le marquage du modèle, du numéro matricule et la date de fabrication de l'arme.


A l'origine le matricule se situait plus haut sur la boîte de culasse mais le montage du support de mire AA recouvrant ce marquage il a été décidé de la déplacer.



marquage complet:
NB: le grand X indique une arme transformée pour l'instruction.
marquage simplifié (pas d'indication du modèle):


Autres marquages du numéro matricule:

  


marquage du matricule sur le couloir d'alimentation:
(rappel: le M indique que le couloir d'alimentation est modifié pour accepter les bandes articulées)
marquage du matricule sur le canon:


marquage du matricule sur la poignée arrière:
NB: le grand X indique une arme transformée pour l'instruction.



marquage du matricule sur le levier d'armement:

marquage d'une partie du matricule sur le verrou de culasse:


Autres marquages:




marquage N sur le canon indiquant que celui-ci est modifié pour chambrer la cartouche modèle 1932 N:
date de modification du canon par la MAS
(suite à la modification de 1932):
marquages sur le regulateur:



V) Démontage-remontage:

Démontage sommaire:
  • Faire les mesures de sécurité: ôter éventuellement la bande en place puis manoeuvrer la culasse et s'assurer qu'il ne reste pas de cartouche dans la chambre,
  • armer, laisser le levier d'armement à l'arrière,
  • mettre le levier de démontage du canon en position arrière, faire pivoter le canon vers la gauche, au besoin en s'aidant de la clé de démontage,


levier de dépose du canon
en position vérouillé:
levier de dépose du canon
en position dévérouillé:


canon en position vérouillé:
canon en position dévérouillé:


canon en position verouillé:
canon en position déverouillé:
  • ôter le canon en faisant attention à son filetage,

  • ramener l'ensemble mobile vers l'avant en appuant sur la détente tout en raccompagnant le levier d'armement,


ensemble mobile à l'arrière:
ensemble mobile à l'avant:
  • déposer la clavette reliant la chappe inférieure de boîte de culasse à la vis de pointage en hauteur,


clavette en place:
clavette à demi ôtée:
  • faire coulisser les sus-bandes de l'affût de façon à libérer les tourillons,


sus-bande droit fermé:
sus-bande gauche ouvert, dans cette position l'arme peut être ôtée de l'affût:
  • déposer la boîte de culasse de l'affût,

  • amener la clavette du couloir d'alimentation vers l'arrière et extraire le couloir d'alimentation de la boîte de culasse,
 

clavette du couloir d'alimentation:
couloir d'alimentation déposé:
  • appuyer sur le verrou à l'intérieur de la poignée arrière de façon à libérer la broche de démontage,
  • tout en retenant la poignée arrière, chasser la broche de démontage (sans la faire tourner) de la droite vers la gauche et la déposer,


verrou de broche:
broche de démontage en place:
  • laisser le ressort récupérateur se décomprimer et ôter l'ensemble poignée arrière-couvre-culasse de la boîte de culasse,
  • sortir le ressort récupérateur par l'arrière,

  • déposer la poignée pistolet en faisant attention à ne pas faire tomber la détente,
  • désolidariser la détente-gâchette de la poignée-pistolet,

  • amener le levier d'armement vers l'arrière et extraire l'ensemble mobile de la boîte de culasse,
  • extraire le levier d'armement de la boîte de culasse,

Démontage complementaire:
démontage de l'ensemble mobile:
  • séparer la culasse du piston,
  • extraire le percuteur de la culasse,

ensemble mobile démonté:

démontage de l'extracteur:
  • appuyer sur la tête de l'extracteur et le dégager de son logement,
  • séparer l'extracteur et son ressort de la culasse,


extracteur en place:
extracteur déposé:

démontage de l'éjecteur:
  • faire pivoter l'éjecteur et le dégager de son logement,


éjecteur en cours de dépose:
éjecteur déposé:

démontage du couloir d'alimentation:
  • dévisser et déposer la vis arrière,
  • déposer le levier de cliquet,

  • repousser l'arbre vers l'arrière de façon à dégager son talon,
  • faire tourner le cliquet en sens horaire inverse autour de son doigt, laisser l'arbre repartir vers l'avant,

  • déposer le cliquet,
  • retirer l'arbre vers l'avant, déposer l'entraineur puis l'arrêtoir et son ressort,


Remontage complet:

Dans le sens inverse du démontage en n'oubliant pas les coups de bon fonctionnement pour s'assurer de la réussite du remontage...


VI) Accessoires:

L'ensemble des accessoires et des pièces de rechanges est contenu dans plusieurs sacoches répartis entre les membres de l'équipe de pièce ou accrochés sur les voiturettes ou les bâts, cette répartition a évoluée suivant les époques, voici celle décrite dans le manuel de 1917:

1) contenu du sac à chiffons:

  • 1 Kg de chiffons environ,
  • 1 seau en toile,
  • 1 épaulière pour le transport à dos d'homme,
  • 1 paire de gants anti-chaleur pour l'échange du canon, 

sac à chiffons:


épaulière:
paire de gants anti-chaleur:

2) contenu de la petite sacoche:
  • 1 extracteur,
  • 1 ressort d'extracteur,
  • 1 percuteur,
  • 1 burette à huile,
  • 1 crochet-éjecteur
  • 1 clé pour affût et régulateur,
  • 1 tire-douille mle 1907,
  • 1 pinceau.


extracteur de rechange et son ressort:
percuteur de rechange:


burette à huile:
crochet-éjecteur:


clé pour affût et régulateur:
tire-douille mle 1907:


pinceau:

 
3) contenu de la grande sacoche:

* outillage:
  • 1 clé modèle 1908 de démontage du canon,
  • 1 clé de démontage d'affût,
  • 1 crochet-éjecteur,
  • 1 baguette de nettoyage de canon démontable en 4 pièces,
  • 6 écouvillons de canon,
  • 2 baguettes de nettoyage de cylindre à gaz,
  • 1 grattoir de cylindre à gaz,
  • 1 burette à pétrole,
  • 1 boîte à graisse,
  • 1 lime,
  • 1 marteau,
  • 1 tournevis,
  • 2 niveaux de repérage dans leurs étuis,
  • 1 vérificateur de feuillure (1 par section),


clé modèle 1908 de démontage du canon:
clé modèle 1908 de démontage du canon (variante):


clé de démontage d'affût:
crochet-éjecteur:


baguette de nettoyage de canon:
écouvillons de canon:

baguettes de nettoyage de cylindre à gaz:
(une sert au nettoyage proprement dit, l'autre au graissage de l'intérieur du cylindre à gaz )


grattoir de cylindre à gaz:
burette à pétrole:


boîte à graisse:
lime:


marteau:
tournevis:
 

niveau de repérage type St-Etienne 1907:
niveau de repérage Hotchkiss:


niveau de repérage type St-Etienne 1907 (schéma):
niveau de repérage Hotchkiss (schéma):


niveau de repérage type St-Etienne 1907 monté sur une hausse du 1° type:
utilisation du niveau de repérage Hotchkiss:




vérificateur de feuillure:


* pièces de rechanges:
  • 1 culasse (1 par section),
  • 1 détente et son ressort,
  • 1 percuteur,
  • 1 éjecteur,
  • 1 ressort récupérateur,
  • 2 extracteurs,
  • 2 ressorts d'extracteurs,
  • 1 ressort de cliquet,
  • 1 arrêtoir,
  • 1 ressort d'arrêtoir,
  • 1 broche d'attache,
  • 1 clé de broche d'attache avec ressort et goupille,
  • 1 vis de fixation de cylindre à gaz,
  • 1 vis de clavette de trépied,
  • 4 vis de plaquettes,
  • 2 tampons en caoutchouc,
  • 1 chape intermédiaire.
 
 
culasse:
détente et son ressort:


percuteur:
éjecteur:


ressort récupérateur:
extracteur et son ressort:

 
ressort de cliquet:
arrêtoir et son ressort:


broche d'attache:
clé de broche d'attache avec ressort et goupille:


vis de fixation de cylindre à gaz:
vis de clavette de trépied


vis de plaquettes:
tampons en caoutchouc:


chape intermédiaire:


4) accessoires collectifs ou de garnison:
  • couvre guidon,
  • bouchon de tir à blanc,
 
BTB monté:
(modèle en une pièce)
NB: l'arme est équipé également ici du couvre guidon.
 
 
BTB démonté:
(modèle en deux pièce)
clé de montage du BTB en deux pièces:
nota: le bouchon de tir à blanc est normalement
couplé à un canon spécial qu'il faut donc
substituer au canon "de guerre".

  • dispositif pour le tir contre avions (correcteur CAZAUX-LABAT) comprenant:
    • 1 support de mire (chape de fixation de la mire amovible), fixée à demeure sur la boîte de culasse,
    • 1 mire amovible,
    • 1 support de guidon, démontable,
    • 1 guidon amovible,
  • 1 stadia,
  • 1 rallonge d'affût,
  • 1 crosse amovible,

 
chape de fixation de la mire amovible pour tir AA, la tige inférieure de la mire vient s'enfiler sur la chape et est bloquée par la vis moletée du haut:
mire amovible pour tir AA:


support de guidon amovible pour tir AA en place au bout du canon:
(NB: ici sur une mitrailleuse St-Etienne mle 1907 munie d'un cache-flamme, de plus ce support est monté à l'envers, la bonne configuration étant celle de schéma de droite)
support de guidon et guidon amovible pour tir AA:




Stadia (sert à apprécier la distance de l'avion ennemi):
nota: l'un des bout de la ficelle est amené au contact du nez de l'utilisateur, celui-ci tend alors le bras dans la direction de l'avion de façon à tendre la ficelle. Il encadre alors l'appareil ennemi entre les branches de la Stadia et lit la distance correspondante. Il communique ensuite cette distance au tireur qui règle sa hausse en conséquence.


rallonge d'affût modèle 1928:
rallonge en place:

 
crosse amovible:
crosse en place:
  •   baguette de nettoyage rigide, 


VII) Affûts:


Affûts pour tir à terre utilisables avec la Hotchkiss 14:

Les deux affûts "standarts" de la Hotchkiss 14 sont l'affût-trépied Hotchkiss "type guerre" modèle 1914 et l'affût-trépied Hotchkiss modèle 1916 mais on peut également utiliser l'affût-trépied Omnibus modèle 1915 grâce à une chape intermédiaire.

1) l'affût-trépied Hotchkiss "type guerre" modèle 1914:


affût seul vue arrière droit:


L'affût peut prendre deux positions, position haute pour un tir assis et position basse pour un tir couché:


Le déblocage des pieds pour le changement de position de l'affût s'obtient en agissant sur le levier visible entre la fourche et les pieds. Ce levier est en fait une broche qu'il convient d'ôter afin de libérer le pied arrière qui bloque lui-même les deux pieds avant:

Le système de pointage en hauteur est constitué d'un volant qu'on apercoit sur la photo saisit par le tireur. Une fois la bonne position trouvé celui-ci peut bloquer son arme en site grâce au deuxième volant à gauche de l'affût, juste au dessus de sa main. Le volant situé tout en haut (juste devant le pontet) permet de bloquer l'arme en direction.

2) l'affût-trépied Hotchkiss modèle 1916:


affût seul vue avant gauche:
L'affût peut prendre cette fois trois positions, position haute, position intermédiaire et position basse:


position haute:


position intermédiaire:


position basse:
La manoeuvre de l'affût pour obtenir ses différentes positions doit s'effectuer avec quelques précautions afin de ne pas se blesser...Partons de la position haute:
1) soulager l'ensemble arme-affût, l'idéal étant qu'un homme se place au canon et qu'un autre se place à la boîte de culasse,
2) le pied arrière reposant à terre, agir sur le levier avant (repère 38 du schéma) et l'amener à fond vers le haut,
3) soulever l'avant de l'affût de façon à dégager les pieds avant,
4) amener les pieds avant à la position désirée,
5) replacer le pied arrière en position basse et verouiller en amenant le levier 38 à fond vers le bas.


vue de la came de blocage du levier et des evidements correspondants aux trois positions de l'affût:
levier en position basse (vérouillage):






levier de fauchage en position blocage:
dans cette position, l'arme ne peut plus bouger en direction, cette position est utilisée pour un tir repéré sur objectif fixe.


levier de fauchage en position déblocage:
dans cette position le tireur peut opérer un mouvement de fauchage latéral limité par les butoirs de fauchage placé de part et d'autre de la table de repérage.
Si le tireur désire un fauchage libre en site et en direction il doit également ôter la broche d'attache reliant l'arme à l'affût.


butoir de fauchage en direction enclenché:
butoir de fauchage en direction rabattu:


Comme sur l'affût Hotchkiss mle 1914 le pointage en hauteur s'effectue grâce au volant situé en partie basse, et là aussi le blocage s'opère grâce au volant (repère 21 du schéma) situé à gauche.

La flèche arrière est extensible et comporte un siège pour le tireur:


levier de blocage de la rallonge de flèche:
bêche d'ancrage:


siège du tireur:


3) l'affût-trépied Omnibus modèle 1915:


affût seul vue gauche:
L'affût peut prendre deux positions, position haute pour un tir assis et position basse pour un tir couché, néanmoins dans cette position il est plus haut que les affûts Hotchkiss mle 1914 et 1916:


position haute:


position basse:


Le système de pointage en hauteur est constitué d'un volant bien visible sur la photo. Une fois la bonne position trouvé le tireur peut bloquer son arme en direction grâce au levier de débrayage à droite de l'affût.
variante de volant de pointage en hauteur:




l'affût comporte au dessus des pieds antérieurs une douille permettant d'y introduire une barre de portage:
affût-trépied Omnibus modèle 1915 avec la rallonge de tir AA mle 1928:
 

Affûts de DCA utilisables avec la Hotchkiss 14:

1) affut trépied JEAN:


D'une longueur totale de 1m90 le tube central de l'affut trépied JEAN est enfoncé dans le sol d'une longueur de 0,40 m il reste donc au dessus du sol un "mât" de 1m50 de hauteur stabilisé par trois tiges metalliques. Cet affût est donc semi-fixe. En haut du "mât" une fourche vient prendre place qui peut accueillir aussi bien une mitrailleuse St-Etienne mle 1907 qu'une mitrailleuse Hotchkiss 14.

2) Affût CA modèle 1925:




3) Affût CAD modèle 1926:



Cette affût comportait deux mitrailleuses Hotchkiss 14 jumelées, chacune d'elle alimentée par une bande articulée (montée sur un tambour spécial) ou par des bandes rigides:


affût mle 1926 avec bandes articulées, les armes sont ici équipées du cache-flamme réglementaire:
cet affût, quelque peu différent de celui de gauche est peut-être une fabrication locale.

Affûts pour véhicules et engins blindés utilisables avec la Hotchkiss 14:

1) affûts divers sur véhicules légers:



affûts sur voiture-tender Saconney-Delahaye en 14-18:
affût sur tracteur Brasier LF2 en 14-18:


affût sur tracteur Brasier LF3:


2) affûts divers sur blindés:


char Schneider:


Postes de tir gauche et droite, cette vue permet de bien voir la rotule du poste de tir de droite.
même vue avec l'équipage en place, le chargeur à droite passe au tireur une bande articulée:


vue intérieure du poste de tir droit du Schneider du musée des blindés de Saumur.
nota: il manque le couvre-culasse sur cette arme.
vue d'un poste de tir:




vue extérieure du poste de tir droit du Schneider du musée des blindés de Saumur.



char St-Chamond:


Postes de tir avec l'équipage en place. Le St-Chamond comportait 3 postes de tir, l'un vers l'avant, à droite du canon de 75, les deux autres sur les côtés gauche et droit.
vue intérieure du poste de tir avant du St-Chamond du musée des blindés de Saumur.


vue extérieure du poste de tir avant du St-Chamond du musée des blindés de Saumur.





FT 17 à tourelle octogonale:
FT 17 à tourelle ronde type Girod:


tourelle octogonale
tourelle ronde des premiers modèles:


tourelle octogonale vue de dessus:
tourelle ronde en coupe:

tourelle octogonale vue en coupe, en M l'emplacement de la mitrailleuse, en L l'emplacement de la lunette de tir.


Autres affûts utilisables avec la Hotchkiss 14:


Affût de rempart modèle 1907:


Affût traineau pour troupes de montagne:


Affût sur roues de fabrication locale pour troupes alpines:
Affût de marine monté ici sur un tube lance-torpille:

Tourelle démontable STG Mles 1935 ou 1935/37 équipant la ligne Maginot:


Tourelle démontable STG Mles 1935 en coupe, vue gauche:
Tourelle démontable STG Mles 1935 en coupe, vue de dessus:

Il existe de nombreux autres affûts pour la Hotchkiss 14, tout comme d'autres accessoires ou pièces de rechanges, je suis preneur de toutes photos permettant d'améliorer cette fiche surement incomplète.